L’aide publique au développement, outil de la concrétisation des engagements internationaux

Pour les pays et les populations les plus pauvres (la moitié de l’humanité survit avec moins de deux euros par jour) l’aide publique au développement (APD) constitue un outil majeur pour la réalisation des OMD, à condition qu’elle soit renforcée, quantitativement mais aussi qualitativement.

En 2005, le montant total de l’APD s’élevait à 106 milliards de dollars et, selon les estimations de la Banque mondiale, ce montant annuel aurait dû être multiplié par deux pour satisfaire, d’ici à 2015, aux Objectifs du Millénaire. L’APD avait chuté de 0,35 % du revenu national en 1990 à 0,22 % en 2000 (creux historique) alors que l’objectif adopté par les États membres de l’ONU, il y a plus de trente ans, était d’accorder 0,7 % de leur revenu national à l’APD. Pour l’instant, sur les 22 pays donateurs de l’OCDE, seuls cinq d’entre eux ont satisfait à cet objectif. Sans augmentation massive de l’APD, toutes les chances d’atteindre les objectifs que s’est fixé la communauté internationale sont réduites à néant.

Pour autant, si l’augmentation du montant de l’APD est une condition nécessaire, elle n’est pas suffisante. Il faut parallèlement améliorer la qualité de cette aide. Il importe qu’elle soit coordonnée et qu’elle réponde efficacement aux aspirations et stratégies de développement des pays du Sud et en particulier aux besoins de base des populations, c’est-à-dire l’éducation et la santé, notamment celles des jeunes. Au Sommet mondial du développement social (Copenhague, 1995), les pays donateurs et les pays récipiendaires se sont ainsi respectivement engagés à consacrer, un minimum de 20% de leur APD et de leur budget au financement des services de base.

Pour plus d’efficacité, il est également primordial que cette aide soit moins volatile. Les volumes d’aide et leur allocation sont en effet très fluctuants, ce qui condamne la mise en œuvre de politiques à long terme. Il faudrait donc que l’’APD se concrétise par des engagements pluriannuels. Ce qui permettrait notamment de répondre à un des enjeux majeurs du développement des pays du Sud : le renforcement des systèmes publics de santé et des ressources humaines.