Appel à l'action de la jeunesse
« Aide publique au développement : priorité jeunes ! »


I. Nous soussignés, jeunes politiques, décideurs, militants, étudiants et acteurs de la société civile, sommes profondément préoccupés par les perspectives de développement humain et durable et les enjeux géopolitiques liés au fait que la moitié de la population mondiale est âgée de moins de 25 ans et que l’immense majorité de celle-ci vit dans les pays en développement.
a. Aujourd’hui des millions d’adolescent(s)(es) et de jeunes sont confronté(s)(es) au mariage précoce et/ou forcé, aux grossesses non désirées, à la menace des infections sexuellement transmissibles (IST), au VIH/sida, à une scolarité incomplète, aux formations professionnelles inexistantes et au chômage.
b. Consentir l’investissement voulu pour améliorer les services de santé et notamment de santé sexuelle et de la procréation, d’éducation, et de formation professionnelle destinée à ces jeunes est un gage de recul durable de la pauvreté, de forte croissance économique et de progrès social.
c. A l’inverse, ne pas fournir aux jeunes les soins, l’éducation, l’information dont ils ont besoin peut lourdement hypothèquer les projets de lutte contre la pauvreté, la stabilité sociale, les grands équilibres mondiaux, et les contraindre à l’exode dans des conditions dramatiques.

II. Nous soussignés, jeunes politiques, décideurs, militants, étudiants, et acteurs de la société civile, sommes pleinement conscients que la France, en collaboration avec les gouvernements, les pouvoirs publics et les acteurs de la société civile du Sud, a la responsabilité et la possibilité de faire face à cet enjeu, notamment à travers son aide publique au développement.


III. Nous soussignés, jeunes politiques, décideurs, militants, étudiants, et acteurs de la société civile, appelons dès lors les décideurs et politiques à s’engager et agir pour que :

a. l’aide publique au développement devienne dans les faits une priorité budgétaire française et que les crédits accordés permettent d’atteindre au plus tôt les 0,7% du PIB, et au plus tard en 2012, comme la France s’y est engagée ; ce chiffre n’incluant pas le recours aux financements innovants, qui devra être favorisé;
b. l’aide publique au développement soit orientée vers les besoins de base des pays les plus pauvres, dans une perspective d’égalité femmes/hommes et de développement durable, et qu’au moins 11 % des financements soient consacrés à la santé, contre 4% à l’heure actuelle (La moyenne des pays de l’OCDE est de 11%. Chiffres de 2003 repris dans la note sectorielle “santé” de la Coopération française ratifiée par le CICID de 2005.);
c. la France, en collaboration avec les gouvernements, les pouvoirs publics et les acteurs de la société civile du Sud, augmente significativement son soutien aux programmes qui permettent d’améliorer l’accès des jeunes à l’information et aux droits et services en matière de santé sexuelle et de la procréation, et à l’inclusion, dès l’école primaire, de programmes d’éducation sexuelle adaptés;
d. la France s’implique significativement dans la recherche et la fourniture aux jeunes de moyens de protection adaptés et diversifiés contre les IST/VIH/sida et les grossesses non désirées (préservatifs masculins et féminins, microbicides, pilules contraceptives, contraception d’urgence, stérilets, etc.);
e. la France, à travers son aide publique au développement, favorise la scolarisation des jeunes et en particulier celle des jeunes filles;
f. la France augmente son soutien à la lutte contre les pratiques néfastes pour les jeunes, en particulier les mutilations sexuelles féminines, les mariages précoces et/ou forcés, et l’exploitation sexuelle;
g. la France rende effective la participation des jeunes du Nord et surtout du Sud à la conception des politiques et à la mise en place des programmes qui les concernent, notamment dans les processus consultatifs menant à l'élaboration des documents stratégiques nationaux et dans toutes autres politiques et négociations budgétaires en matière de développement à l’échelle nationale, régionale et internationale;
h. les programmes de solidarité et d'aide internationale soient élaborés en partenariat avec des relais locaux, et dans un esprit de confiance et de coopération à l'égard des initiatives et des compétences de la société civile;
i. la mobilisation soit générale au sein des institutions : l'engagement de l'Etat est indispensable, mais celui des organisations régionales et des collectivités territoriales à tous les niveaux est déterminant pour la mise en place de projets.

IV. Nous appelons les futurs élus des Français et les représentants de l’Etat en charge de l’aide publique au développement à :
a. prendre en considération cet appel à l'action lors de la définition des priorités et des axes stratégiques de la politique et des programmes de coopération;
b. assumer ces revendications auprès des gouvernements partenaires au Sud et au sein des instances multilatérales auxquelles la France contribue, à commencer par l’Union européenne et la Francophonie.

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