Les jeunes et le mariage
Évolutions et enjeux
Pour beaucoup de jeunes, le mariage est une composante clé de leur passage vers l’âge adulte. Au niveau mondial, les jeunes hommes et femmes se marient plus tard que leurs aînés et ont plus de liberté que ces derniers dans le choix de leur conjoint. Cependant, ces tendances globales ne s’appliquent pas de la même manière aux garçons et aux filles et un nombre encore très significatif de jeunes femmes se marient avant 18 ans, notamment en Afrique sub-saharienne.
Les jeunes se marient plus tardivement
De nos jours, la plupart des jeunes se marient plus tard que les générations précédentes. Entre 1970 et 1989, 27% des femmes de 15-19 ans dans les pays en développement étaient mariées contre 21% entre 1990 et 2000. Ceci est particulièrement marqué en Afrique. En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, ce pourcentage est même tombé de 53% à 38%. Au Moyen-Orient, une part importante des jeunes hommes reculent leur mariage vers les 30 ans.
Facteurs associés aux mariages plus tardifs
Le déclin des mariages précoces est fortement favorisé par des décisions politiques comme l’élévation de l’âge légal du mariage, des évolutions sociales comme l’extension de l’éducation à des populations plus nombreuses, et par des changements dans les normes sociales.
Entre 1990 et 2000, l’âge légal du mariage pour les femmes a été relevé dans au moins 23 pays sur 53 des pays ayant des données disponibles. Pour les hommes, l’âge légal s’est élevé dans 20 de ces pays.
Cependant, l’âge d’entrée en vie maritale varie dans chacune des régions en fonction de déterminants socio-économiques comme le niveau scolaire, le lieu de résidence, le niveau de revenu. Ainsi, les femmes et les hommes qui ont huit années ou plus de scolarité, qui vivent en zone urbaine et qui sont parmi les catégories économiquement élevées se marieront plus tard que leurs concitoyens moins éduqués, ruraux, et plus pauvres.
Les jeunes filles subissent encore largement les mariages précoces, bien qu’ils soient en déclin
De nos jours, les femmes ont moins de risques que par le passé, d’être mariées alors qu’elles sont encore adolescentes. Cependant, les mariages précoces (avant l’âge de 18 ans) persistent. La situation en Afrique de l’Ouest reste très préoccupante. Au Niger, par exemple, 76% des filles se marient avant 18 ans. Au cours des dix prochaines années, plus de 100 millions de filles dans les pays en voie de développement seront mariées avant leur dix- huitième anniversaire.1
Les mariages précoces sont lourds de conséquences
Les mariages précoces peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé des jeunes filles. Elles sont notamment plus vulnérables dans le cadre de grossesses précoces et face aux IST/VIH/sida.
- L’incidence des grossesses précoces
Lorsque des jeunes filles qui ne sont pas encore entièrement formées physiologiquement donnent naissance trop tôt, cela a des conséquences sur la santé de la mère et de l’enfant. Des études montrent que le risque de mourir de causes liées à la maternité est plus élevé chez les femmes de moins de 20 ans que chez les femmes entre 20 et 30 ans. Les jeunes femmes sont plus exposées aux fausses couches, à des naissances prématurées, aux accouchements difficiles suivis de complications comme les fistules obstétricales. Par ailleurs, les nouveaux-nés des adolescentes ont plus de risques d’être confrontés à des complications. Par exemple, des études ont montré qu’au Mali et au Burkina Faso, les grossesses des jeunes femmes de moins de 18 ans étaient associées très fréquemment avec un plus petit poids de naissance et une forte probabilité de mort de l’enfant, en particulier durant la deuxième année de vie .
- Une vulnérabilité accrue face aux IST/VIH/sida
Le mariage précoce expose également les filles à un risque accru d’IST/VIH/sida. En effet, elles sont plus susceptibles que leurs pairs d’avoir des relations régulières non protégées, souvent avec un homme plus vieux qui, du fait de son âge, présente un risque plus élevé d’être séropositif. La pression sociale pour tomber enceinte, les préjugés liés à l’utilisation du préservatif et le rapport de force inégal au sein du couple enlève généralement toute possibilité pour la jeune femme mariée de se protéger. Enfin, des études montrent qu’une jeune fille mariée a plus difficilement accès à l’information, son réseau social se restreint et la plupart du temps, quand elle a la chance d’être scolarisée, elle doit quitter l’école.
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